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Suite des notes 2007/003 et 2007/004.
Essais sur le terrain, l'attente est longue...Octobre et les congés arrivent enfin. Après l'installation dans le gîte avec nos charmantes épouses, je pars avec mon camarade en reconnaissance, afin de trouver LE champ de maïs coupé susceptible d'accueillir les grues.
Ce n'est pas une mince affaire, croyez-moi ! Bien sûr des champs il y en a mais il faut pouvoir installer un affût, et cela ne peut se faire que dans un bois situé en bordure, les grues, oiseaux méfiants ne se posent pas si votre affût n'est pas intégré au paysage. L'affût peut-être fait au milieu du champ, dans ce cas il faut l'enterrer, ce qui nécessite, non seulement des heures de travail, mais d'obtenir l'autorisation du propriétaire.
Rentrés bredouilles, nos compagnes nous révèlent la présence d'un champ,avec toutes les caractéristiques voulues, nous nous y rendons, des grues il y en a... des centaines, nous trouvons l'emplacement idéal pour l'affût, et le lendemain à la nuit noire nous sommes en place, mais j'hésite à placer la grue en carton mâché, le test ne sera pas pour aujourd'hui. Les grues sont arrivées dans le champ, un ballet incessant de 9 heures jusqu'à 15 heures, il a pris fin avec l'arrivée d'un paysan en voiture, il rendait visite à son blé en herbe juste à coté du champ de maïs.
Le jour suivant, à un autre endroit nous avons placé l'appelant, mais sans succès elles passaient au dessus du champ où nous étions en affût sans vouloir se poser... bref j'étais déçu, après réflexion je me suis dit que, si des bidons blancs accrochés à des piquets comme le pratique les agriculteurs, arrivaient à faire fuir les grues des champs de blé en herbe (dont elles raffolent) ma grue jouait peut-être un rôle d'épouvantail plutôt que d'appelant. Elle fût remballé jusqu'à la fin des vacances...elle coule depuis des jours heureux dans mon sous-sol.
A bientôt, Jeanpoule.
Jules Renard. "Histoires Naturelles". Au bout du toit de la grange, un pinson chante.
Il répète, par intervalles égaux, sa note héréditaire.
A
force de le regarder, l'œil trouble ne le distingue plus de la grange
massive. Toute la vie de ces pierres, de ce foin, de ces poutres et de
ces tuiles s'échappe par un bec d'oiseau.
Ou plutôt la grange elle-même siffle un petit air.
Suite...
Ce projet novateur fait appel à des techniques employées par les PAN ! (protecteurs armés de la nature!).Placer des oiseaux en un lieu, dans le but d'en attirer d'autres. Ces oiseaux dénommés appelants, peuvent être; des oiseaux éjointés, terme au doux euphémisme, qui signifie d'après le dictionnaire: rogner les ailes d'un oiseau pour l'empêcher de voler,( on fait appel à des mots doux , La réalité comme l'explique le lien est toute différente, on ampute l'oiseau d'une partie de son aile, pour l'empêcher de voler , ha! ben oui ma p'tite dame, ce sont "nos traditions", ça !), ou une autre méthode moins barbare qui consiste à placer des oiseaux en bois (vous connaissez sûrement ces oiseaux en bois peint vendus dans les boutiques de souvenirs, qui à l'origine étaient destinés à devenir des appelants) ou en plastique sur une étendue d'eau pour attirer les oiseaux de passage, c'est cette méthode que j'ai utilisé, pour attirer les grues
Une photo vaut mieux que des mots, voilà le résultat de mes cogitations,

D'après mes observations sur le terrain, les grues aiment se poser là, où il y a déjà d'autres grues, de très petits groupes ou simplement deux ou trois individus, partant de cette constatation je me suis dit, qu'en plaçant un appelant à l'aspect de grue, dans un champ elles allaient se poser avec moins de méfiance.
Nous verrons plus loin, quelles furent leurs réactions.
Mais revenons à la conception de cet appelant, j'ai réalisé une carcasse en grillage recouverte de papier journal enduit de colle à papier peint.
Voilà le résultat, peinture, enduit plastique, l'oiseau est prêt, les pattes sont démontables pour faciliter le transport.
Il ne restait plus qu'à tester sur le terrain...
A suivre...
A bientôt Jeanpoule.
Cette semaine, j'ai choisi cette photographie de CHAMOIS, parce qu'elle me rappelle les très bons moments passés dans mon pays, en compagnie de ces étonnants animaux sur les chaumes avec toi Jean-Marie (j'ouvre une parenthèse, en tout cas on peu dire que bientôt ce sera comme au Danemark pour les cerfs, il faudra faire attention de ne pas prendre sur le même cliché des chamois et des photographes quelle M... pas vrai JM ?)
Drôle d'histoire que celle que je vais vous conter, cela fait trois années que je me rends à Montier en der, enfin, plus exactement dans les environs pour essayer de réaliser des photos de GRUES CENDRÉES, sans utiliser les prestations clefs en mains livrées par la L P O (ligue protection oiseaux). Ha! oui, il faut que je vous donne plus d'explications, les GRUES CENDRÉES (lien) oiseaux migrateurs font chaque année, dès les premiers jours d'automne, une halte sur les bords des grands lacs de Champagne, c'est là que se situe Montier-en-Der, elles sont des milliers à fréquenter la région tout comme les innombrables photographes (dont je suis) qui viennent là pour essayer de les prendre en photo.
La GRUE CENDRÉE se nourrit sur les champs de maïs non retournés, mais une fois les champs labourés la nourriture devient plus rare, et c'est là que la LPO entre en scène, disposant de prés, et d'affûts installés à demeure, cette association disperse du maïs pour "fixer" les Grues Cendrées dans le champ, il ne reste plus qu'à louer, à la journée l'affût pour être assuré de réaliser de bonnes photos de grues cendrées (c'est assez cher(à mon avis), ma philosophie de la chasse photographique étant toute différente, je me suis livré à une petite réflexion, qui ma amené à la conception d'un projet "novateur"
à suivre...
Jeanpoule.
Il lui reste toujours, du dernier hiver, un peu de neige.
Elle sautille à pieds joints par terre, puis, de son vol droit et mécanique, elle se dirige vers un arbre.
Quelques fois elle le manque et ne peut s'arrêter que sur l'arbre voisin.
Commune, si dédaignée qu'elle semble immortelle; en habit dès le matin pour bavarder jusqu'au soir, insuportable avec sa queue-de-pie, c'est notre oiseau le plus français.
Jules Renard Histoires Naturelles
Faisant suite à la note traitant du LAPIN DE GARENNE et comme promis je vous propose un bon coin pour observer les lapins de garennes, il vous suffira de parcourir les allées et d'observer les zones dégagées (signalées en jaune sur l'extrait de carte) pour apercevoir nos compagnons à fourrure, vous pouvez faire de bonnes observations le matin tôt, ou le soir un peu avant le coucher du soleil, à bientôt, Jeanpoule.
Carte IGN N°2417 ©IGN-Paris 2007 "REPRODUCTION INTERDITE"
licence N°2007 CUJ 1255.
Veuillez noter que l'extrait de carte ne pourra être archivé.
Félix ne comprend pas qu'ont tienne des oiseaux prisonniers dans une cage.
-De même, dit-il, que c'est un crime de cueillir une fleur, et, personnellement, je ne veux la respirer que sur sa tige, de même les oiseaux sont faits pour voler.
Cependant il achète une cage; il l'accroche à sa fenêtre, y dépose un nid d'ouate, une soucoupe de graines, une tasse d'eau pure et renouvelable. Il y suspend une balançoire et une petite glace.
Et comme on l'interroge avec surprise :
-Je me félicite de ma générosité, dit-il, chaque fois que je regarde cette cage. Je pourrais y mettre un oiseau et je la laisse vide. Si je voulais, telle grive brune, tel bouvreuil pimpant, qui sautille, ou tel autre de nos petits oiseaux variés serait esclave. Mais grâce à moi, l'un d'eux au moins reste libre. C'est oujours ça.
Jules Renard. "Histoire Naturelle".
Suite de l'article consacré aux traces et indices laissés par le Pic-Noir.
Comment reconnaître l'auteur de ces "cambriolages" forestiers ,et bien, seuls les...
copeaux, du moins leur taille, peuvent nous renseigner sur le nom de l'auteur...
Jugez plutôt, seul un bec comme celui du pic noir peut produire de tels éclats.
S'il s'agit de morceaux d'écorce c'est plus impressionnant encore
Il me reste à vous parler d'un indice lié à la reproduction. Les traces et les indices comme je l'apprends aux enfants, lors de mes animations se déclinent ainsi,
Traces et indices liés à: 1. LA REPRODUCTION
2. AUX DEPLACEMENTS
3. A L'ALIMENTATION
4. AUX CONTACTS SOCIAUX
5. AUX SOINS DU CORPS
6. AU REPOS
Cet indice, c'est le nid. Le pic noir est un oiseau cavernicole,c'est à dire qu'il pond et élève ses jeunes dans une cavité, comme la plupart des autres pics, mais lui se distingue par la hauteur ou il s'installe...
Ha ! oui quand même !
20 à 30 mètres de hauteur, là, pas de promeneurs indiscrets pour épier vos faits et gestes.
Approchons nous tout de même pour observer ce trou.
De forme ovale sa hauteur est proche de 16 à 18 cm, sa largeur de10 cm, je dois dire que, hum ! vous n'aurez pas souvent l'occasion d' effectuer ce genre de mesures . Je vous place deux photographies côte à côte, à vous de trouver le trou d'envol du nid du Pic noir et celui du Pic épeiche.
Je vous laisse un peu de temps pour courir acheter, ou plutôt commander le numéro de La Hulotte entièrement consacré au Pic Noir,
Inutile de préciser que ce journal est en phase avec l'actualité :-)
J'ai choisi cette photographie pour l'émotion ressentie en forêt de fontainebleau lors de la prie de vue, il n'est qu'à quelques mètres, émotion un peu avant, (arrivera-je à le mettre dans la boîte), inquiétude pendant (la photo sera-t-elle réussie) et joie une fois l'animal parti, tous ceux qui pratiquent cette activité vous parleront de ces moments de bonheurs...
Ils éclatent dans le blé, comme une armée de petits soldats : mais d'un bien plus beau rouge, ils sont inoffensifs.
Leur épée, c'est un épi.
C'est le vent qui les fait courir, et chaque coquelicot s'attarde, quand il veut, au bord du sillon, avec le bleuet, sa payse.
Jules Renard "HISTOIRES Naturelles".
Je vous propose de partir à la découverte d'une mare en voie d'atterrissement, cad, se comblant peu à peu, c'est ainsi que se termine la vie pour une mare "bien faite de sa personne et se respectant", bien entendu cela paraît inconcevable que nos petits enfants ou plutôt nos arrières petits enfants ne connaissent pas les mares que nous fréquentons durant nos sorties, n'est-ce-pas?
Mais à propos, êtes-vous bien sûr de connaître et de fréquenter les mêmes mares que les paysans gallo-romains, ou les chasseurs du néolithique ?
Je n'en suis pas si sûr , car ce creux naturel (dans le cas qui nous intéresse c'est à dire d'une mare de platière) collecte les précipitations mais aussi les feuilles mortes, les plantes aquatiques mortes, les bois morts, les matières organiques poussées et entraînées par le vent etc...peu à peu le fond de la mare s'élèvera jusqu'à devenir visible, les arbrisseaux, les arbustes, les arbres trouveront là un excellent terrain pour y prospérer et un beau jour la mare ne sera qu'un souvenir.
Il y aura alors un état d'équilibre, un stade final appellé CLIMAX. C'est ce qui est en train de se dérouler sous vos
yeux à cet endroit, il n'y a pas à s'inquiéter.
Des aménageurs de tout poil prétendent remettre les choses en état, mais quel état, celui des chasseurs cueilleurs, des templiers, des... que sais-je ? Laissons dire, et laissons faire la nature! que diable. Il y a une époque pas si lointaine, où les pompiers de Fontainebleau sont venus sur "ordre" de l'ONF curer les mares, c'était en quelle année déjà... 1974, 75 peut-être, je ne suis pas sûr de la date, mais j'ai assisté au nettoyage de la mare aux fées, avec camion citerne et lances à incendie, et oui ! inutile de décrire le saccage !
Il parait que cela ne se fera plus, juré, craché, si je mens....
Pour terminer cet article voici quelques photos de cette MARE AUX JONCS.
Le manque d'eau de ces dernières années ne fera qu'accélérer ce phénomène.
Veuillez noter que l'extrait de carte figurant en tête d'article ne pourra pas être archivé.
Continuons notre petit inventaire des traces et des indices trouvés en forêt de Fontainebleau, j'ai choisi de vous parler d'un oiseau, le Pic Noir (je vous l'ai présenté dans un article précédent).
Vous le voyez là, prêt à prendre un bain.
Je compare cet oiseau à un charpentier, le charpentier de la forêt, c'est lui qui "réalise" les plus gros ouvrages, bien visibles,
Il est armé d'un puissant bec, longueur et dimensions respectables , muscles "d'acier" renforçant les vertèbres du cou. Ce n'est pas son "hobby", non ! il recherche à l'intérieur du bois les insectes ou larves y vivant à l'abri, enfin qui y vivaient...
Les autres pics se contentent d'éffleurer si je puis dire l'arbre, et voilà ce que vous pourrez observer,

Une écorce enlevée, des galeries d'insectes ou de larves xylophages, mais le bois ne semble pas touché par le bec, il s'agit probablement d'un confrère, lePIC EPEICHE.
Le PIC NOIR a une prédilection pour le bois pourri, bien humide si possible, il recherche sa nourriture dans les souches mais aussi dans les chandelles, ces arbres que les forestiers s'empressent de faire disparaître car "ça fait désordre" !
Vous pouvez apercevoir les cavités creusées par le pic noir sur l'arbre mort du centre, en s'approchant vous les verrez peut-être mieux,
Les insectes ou larves se réfugient jusqu'au coeur de l'arbre, mais ils n'y sont pas plus à l'abri, comme vous pouvez le constater, j'ai entendu dire dernièrement que par la forme des trous pratiqués, il était possible de désigner son auteur! que nenni mon cher , si vous voulez savoir comment désigner les auteurs de ces "cambriolages" rendez-vous dans le prochain article....
A bientôt,
<
J'entrai au bois par un bout de l'allée, comme il arrivait par l'autre bout.
Je crus d'abord qu'une personne étrangère s'avançait avec une plante sur la tête.
Puisje distingai le petit arbre nain, aux branches écartées et sans feuilles.
Je lui dis :
-Approche. Ne crains rien. Si j'ai un fusil, c'est par contenance, pour imiter les hommes qui se prennent au sérieux. Je ne m'en sers jamais et je laisse ses cartouches dans leur tiroir.
Le cerf écoutait et flairait mes paroles. Dès que je me tus, il n'hésita point : ses jambes remuèrent comme des tiges qu'un souffle d'air croise et décroise; Il s'enfuit.
-Quel dommage! lui criai-je. Je révais déjà que nous faisions route ensemble. Moi, je t'offrais, de ma main, les herbes que tu aimes, et toi d'un pas de promenade, tu portais mon fusil couché sur ta ramure.
Jules Renard. "Histoires Naturelles".
< je conçois dans l'espèce humaine deux sortes d'inégalités; l'une que j'appellerais naturelle ou physique [...] l'autre qu'on peut appeler inégalité morale, ou politique, parce qu'elle dépend d'une sorte de convention, et qu'elle est établie, ou du moins autorisée, par le consentement des hommes. Celle-ci consiste dans les différents priviléges, dont quelques-uns jouissent, au préjudice des autres, comme d'êtres plus riches, plus honorés, plus puissants qu'eux, ou même de s'en faire obéir.>> (discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes)
Juillet 2005, Parcelles 177 178 179 Chemin de Milly à Fontainebleau.
Le ciel limpide, dégagé de tout nuage annonce une belle journée, un
vent d'est me permet de progresser sur le chemin sans me faire "sentir"
des animaux .
Se lever de très bonne heure goûter aux premières
lueurs du jour; progresser sans bruit, seul dans la forêt sont
toujours pour moi une réelle source de plaisir, qu'il est difficile de
partager. Les animaux sortis à la tombée de la nuit (une fois les
promeneurs partis) sont encore présents et bien actifs, mais c'est un
peu une course poursuite car le temps est compté avant qu'ils ne
regagnent le couvert et passent la journée dans une remise connue
d'eux seuls. Mes sens sont en éveil, le vent m'est favorable, mais se
déplacer sans bruit est un défi difficile à relever, arrivé à un
carrefour que j'aborde lentement j'aperçois
deux renards sur le chemin, holà! l'affaire se corse, ils sont
loin, et la végétation m'empêche de réaliser de bonnes prises de vue,
essayons un truc qui marche bien avec ces animaux, sitôt dit, sitôt
fait, la souris se met à pousser des cris plaintifs, ça y est , ça
marche, celui qui me parait le plus gros se déplace dans ma direction,
l'autre que j'identifie un peu plus tard comme un jeune, reste sur le
chemin, je continue mon imitation, l'émotion est grande, mon rythme
cardiaque s'accélère, l'appareil est en position , moi derrière, un
genou en terre, je calme le jeu, juste un petit cri de temps en temps,
pour maintenir l'espoir d'un repas, attendre pour qu'il se rapproche ou
déclencher et louper" la photo du siècle" zou ! c'est parti...
C'est dans la boîte, il y en a eu plusieurs de faites mais celle là
me parait bien, (une belle renarde). Arrivée à ma hauteur ayant senti
le danger, c'est la fuite éperdue avec aboiements,<< vite, vite,
au passage récupérer mon jeune qui attend sur le chemin>> puis ce
petit monde disparaît dans les hautes herbes. Splendide ! quelle belle
journée ! comment faire partager ces moments ?
A bientôt...