Je me souviens encore aujourd'hui des difficultés éprouvées à l'école primaire, pour prononcer et écrire le nom de cet animal, c'était mon premier contact avec lui.
l'ÉCUREUIL , véhicule une image positive, il a plus de chance que le Rat, la Vipère, l'Araignée et autres mal aimés.
L'ÉCUREUILsemble devoir sa réputation au simple fait qu'il enterre des "provisions" mais surtout qu'il serait capable de les retrouver sous une épaisse couche de neige.
Un animal qui fait des "économies" il n'en fallait pas plus pour lui assurer sa renommée.
Son régime alimentaire est varié, plus que ne le laisse croire l'imagerie populaire,les insectes, les gastéropodes, les champignons, divers petits fruits,charnus ou secs, bien entendu les inévitables noisettes,les noix, entrent pour une grande part dans son alimentation.
Mais ce qui déçoit généralement le "pecus", c'est le fait que notre "rouquin" soit capable de croquer les œufs et les oisillons qu'il rencontre inévitablement en parcourant les houppiers.
Alors ça, on aime pas!
Comment voulez-vous qu'on le classe dans les gentils après avoir appris cela.
Non je plaisante mais notre propension à classer toutes choses, en utiles, inutiles, méchantes, gentilles se trouve remise en question.
Lorsque je fais des interventions auprès des enfants, je m'efforce toujours de leur démontrer qu'il n'y a rien d'inutile rien de nuisible, il y a tout simplement, des êtres vivants, des plantes, formant un ensemble cohérent. Une merveilleuse mécanique où chacun joue son rôle précisément.
L'Homme doit jouer sa partition simplement, tout en s'efforçant de maîtriser sa puissance.
C'est vrai que notre rouquin a un capital de sympathie énorme, il suffit de le regarder,

L'ÉCUREUIL passe énormément de temps aux abreuvoirs, durant les grosses vagues de chaleur il reste cantonné près des points d'eau.
Voici une petite anecdote concernant ce trait de caractère,
C'était au temps de la "splendeur" de l'APNAFA (Association des Photographes Naturalistes Amateurs de Fontainebleau Avon), je crois que c'est Michel A qui avait repéré un groupe d'écureuils à la mare aux Ligueurs, et bien entendu tous les membres ou peu s'en faut s'y étaient rendu pour tirer le portrait de nos amis. Mais ce qui est surprenant dans cette histoire c'est le fait que ces bêtes, ils étaient deux ou trois, venaient s'abreuver à des heures régulières Il suffisait donc de se rendre sur place pour telle heure, de se camoufler et à l'heure dite de leur tirer le portrait !
Celle-ci a été faite avec la même technique.
Nous avons parlé de l'acquis et de l'innée VOIR CET ARTICLE TRÈS BIEN FAIT.
Des observateurs attentifs de la faune ont démontré qu'il y aurait chez l'écureuil une phase d'apprentissage pour décortiquer les fruits secs comme les noix ou noisettes et pour écaler les pommes de pin.
Ces mêmes observateurs seraient également arrivés à la conclusion qu'il y aurait des écureuils droitiers et d'autres gauchers.
Ce qui est sûr et que j'ai vérifié sur le terrain, c'est que cette phase d'apprentissage existe bel et bien chez nos populations d'écureuils Bellifontains, il suffit de se promener dans une pinède pour constater les efforts déployés par les jeunes écureuils pour "ouvrir" le magasin à graines que constitue le cône.
Les fruits des pins maritimes semblent leur donner beaucoup de difficultés, après avoir rongé les extrémités, le bord, le milieu, ils découvrent enfin LA bonne méthode.
À la suite de ces tâtonnements l'équilibre entre dépenses et gains
d'énergie est trouvé. Dans le monde animal c'est toujours la loi du
moindre effort.
Les "outils" à leur disposition ne manquent pas, jugez plutôt.
Nota:il ne s'agirait pas de capturer notre ami à mains nues, le risque de se voir infliger une morsure serait grand. ses incisives peuvent très aisément percer le pouce et l'ongle svp d'un homme
En 1-Le crâne de notre ami, notez la longueur des incisives, environs 18 à 20 m/m
En 2 -la mâchoire inférieure.
En 3 -Une noix reconstituée, la technique d'ouverture consiste à pratiquer une ouverture, visible sur cette photo, puis d'insérer dans cet orifice les incisives. Un mouvement rotatif et voilà la coque ouverte.
En 4-Les graines de pin avec et sans "aile" et la graine ouverte, un travail d'orfèvre vu la taille de la graine.
Pour le non spécialiste il peut être difficile de différencier les cônes rongés gisant sur le sol forestier, Il existe deux grands consommateurs de cônes de pin le PIC ÉPEICHE dont nous avons parlé il y a quelque temps déjà et notre ami le rouquin.
Une petite photo des cônes rencontrés fréquemment en forêt pour nous aider à y voir plus clair,
De la gauche vers la droite, un cône entier ouvert, vide de graines, un cône "fracturé" par le PIC ÉPEICHE et un cône rongé par l'écureuil.
La différence saute aux yeux, j'ai dis fracturé par le PIC ÉPEICHE, en effet les dents lui manque comme aux poules d'ailleurs :-)) il s'est donc contenté d'écarter les écailles pour atteindre les graines. L'écureuil coupe les écailles pour y accéder.
Voilà ce que nous trouverons sous le résineux,où a stationné l'ÉCUREUIL, il s'agit des fruits du PIN SYLVESTRE.
Il peut s'installer sur un rocher pour décortiquer les fruits, on peut nommer cet endroit un restaurant d'écureuil, c'est plus amusant que scientifique.
En voici un, à noter le type de fruits décortiqué !
Il est difficile de pister un écureuil, en effet il passe plus de temps dans les houppiers qu'à terre. Pour le Naturaliste c'est difficile, sauf... sauf lorsque tombe la neige...
Elle peut révéler ses allées et venues entre les troncs,


Pour compléter, un dessin plus lisible.

À bientôt sur photonaturefontainebleau les amis.