-PASSION GRAVURES RUPESTRES (arch)
UN ARTICLE EMPRUNTÉ AU SITE BANQUE DES SAVOIRS DE L'ESSONNE UNE INITIATIVE DU CONSEIL GÉNÉRAL.
Rechercher les grottes ornées : une passion
C’est l’historien Amand de Vertus qui, en 1864, rapporte le premier la présence de rochers gravés dans le Bassin parisien : une "chambre de fées" qu’il avait visitée en 1858 à Coincy (Aisne) et qu’on venait de détruire. Trois ans plus tard, un militaire découvre une roche gravée au Mont de Ballancourt (Essonne). Laquelle fait dès 1868 l’objet d’une expédition toute spéciale, l’antiquaire Jules Quicherat et l’historien Henri Marin étant chargés d’interpréter ses pétroglyphes. Ensuite, les découvertes se sont succédées grâce aux prospections d’un grand nombre d’hommes. On compte notamment parmi eux : le géologue Georges Courty, le peintre Frédéric Ede, le préhistorien James-Louis Baudet, ou plus récemment les archéologues Jacques Hinout ou Gilles Tassé. Mais faute d’être connus du grand public, nombre de sites ont souffert de vandalisme. C’est ce qui a motivé, en 1975, la création du Groupe d’études, de recherches et de sauvegarde de l’art rupestre (GERSAR)*, une association d’archéologues amateurs installée à Milly-la-Forêt. Elle compte aujourd’hui cent vingt membres, dont une dizaine travaillent en étroite relation avec des archéologues professionnels.
Sa principale activité consiste à rechercher, en forêt de Fontainebleau, des abris ornés qui n’auraient pas encore été mis au jour, puis à en étudier les gravures. Toutefois, grâce à l’expérience acquise au fil des années, elle s’intéresse également à l’art rupestre en dehors du Bassin parisien. Le GERSAR a ainsi étudié des sites de Haute Maurienne, des Deux-Sèvres, des Vosges, du Queyras, du Tardenois… Son travail de prospection se fait de préférence en hiver, quand la végétation risque moins de masquer les entrées des abris. Un travail de longue haleine, que ne guide malheureusement aucun indice topographique ou géographique, mais qui permet la découverte d’une vingtaine d’abris ornés chaque année.
Une fois repérés, ces abris sont répertoriés et localisés de manière précise. Pour chacun d’eux, le GERSAR établit une fiche qui récapitule tous les renseignements enregistrés et la transmet aux services archéologiques de
l’État et du département. Naturellement, on prend alors des clichés photographiques du site. Par ailleurs, quand la morphologie de l’abri le permet, les membres de cette association s’attachent aussi à faire le relevé de ses motifs. Quelques abris remarquables par l’abondance et la qualité des gravures ont d’ailleurs fait l’objet de relevés intégraux : c’est le cas des abris du Village et du Trou du Sarrazin (Villeneuve-sur-Auvers), de celui de la Butte Noire (Valpuiseaux), de la grotte du Cavalier (Milly-la-Forêt), ou encore de l’abri du Larris des Boulins (Buno-Bonnevaux).
Enfin, les membres du GERSAR portent spécialement leur attention sur quelques motifs fréquemment retrouvés comme la triple enceinte, les anthropomorphes et les figures évoquant des pieds, des cuvettes ou des cervidés. But de l’opération : voir par quels détails ils diffèrent d’un site à l’autre, étudier leur répartition et parvenir à les interpréter et à les dater. Près de cent cinquante ans après leur première découverte, les abris ornés du Bassin parisien donnent toujours du fil à retordre aux archéologues !
MEMBRE DU GERSAR C'EST TOUJOURS AVEC BEAUCOUP DE PLAISIR QUE JE PARTICIPE AUX SORTIES ORGANISÉES.
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