-LES MARTINETS NOUS ONT QUITTÉS (arch)
Hé oui le dernier Martinet, encore présent hier, mercredi est parti, le ciel est bien triste sans leurs cris, ces oiseaux que l'on dit européens, passent finalement plus de temps dans leur lieu d'hivernage que chez nous. Il ne reviendront qu'en mai 2009, c'est dire que le temps va être long jusqu'à leur retour.
Je vous propose cet excellent texte de gilbert Blaising, tiré de OISEAUNET un site auquel je fais souvent référence. Pour y accéder, c'est ICI OISEAU NET
POUR ÉCOUTER LES MARTINETS TOUT EN LISANT L'ARTICLE
«Au mois de juillet lorsque la plupart des passereaux sont devenus discrets, les cris sonores et joyeux des martinets raisonnent encore dans nos villes et villages au cours de leurs folles rondes aériennes. Le soir, ils font le spectacle pour les estivants installés aux terrasses des cafés.
Mais dès le début d'août, ils quittent notre scène pour poursuivre
leurs tournées en Afrique sub-saharienne d'où ils ne reviennent que fin
avril, début mai.
Leur vitesse et leur capacité manoeuvrière soutenues en vol sont
sans égal. Sur de courtes distances ils peuvent atteindre 60 m/sec (200
km / h ) alors qu'en général ils évoluent plutôt entre 40 et 100 km /
h. Leur dextérité pour foncer en groupe entre les bâtiments, les arbres
et les réseaux de fil est inouïe.
Toute leur anatomie concourt à ces performances : corps mince et très fuselé, queue courte, longues ailes très effilées et incurvées, pattes courtes et une extrême acuité visuelle s'adaptant à la lumière intense comme à celle du crépuscule.
Les martinets sont communément confondus avec les hirondelles qui font partie d'une toute autre famille
d'oiseaux en dépit de certaines ressemblances, en particulier en
matière de régime alimentaire. Dans les deux cas, il est constitué
exclusivement de petits insectes capturés en vol, de même que dans les deux cas la boisson est cueillie en effleurant du bec la surface d'un plan ou d'un cours d'eau.
Nos hirondelles ont les ailes plus larges et plus courtes qui leur confèrent un vol plus souple, plus capricieux et moins rapide. Les deux espèces
présentes dans notre région, à savoir celle des fenêtres et celle
rustique, ont un ventre blanc. Les deux ont des queues visiblement
fourchues. Ces deux espèces
sont régulièrement perchées sur des fils aériens ou des branches
d'arbres pour se reposer et soigner leur plumage. Elles viennent à
terre pour cueillir la boue nécessaire à la construction de leur nid.
Au contraire, les martinets ne quittent l'espace aérien que pour
nidifier dans une cavité de mur, voire de falaise ou d'arbre. Grâce à
leurs griffes puissantes, ils réussissent à s'agripper et à grimper sur
ces parois. Ils ne sont jamais à terre, sauf par accident et dans ce
cas ils ont le plus grand mal pour reprendre leur vol.
Hormis leur présence au nid pour la reproduction, toute leur vie se
passe en l'air. Ils s'y nourrissent, s'y reposent et même s'y
accouplent. Pratiquant le vol par battements très rapides des ailes
entrecoupé de courts planés, ils savent aussi utiliser le vol à voile
en se faisant porter par des ascendances thermiques jusqu'à des
hauteurs entre 2000 et 3000 m où ils évoluent à vitesse réduite et au
besoin en somnolant.
Pour fuire le mauvais temps et suivre les nuages de plancton
aérien, il leur arrive fréquemment de s'éloigner de plus de 200 km de
leurs nids. Pendant ces exodes de plusieurs jours, les oisillons assez
âgés peuvent survivre pendant plus d'une semaine dans un état de
léthargie. Lorsque les parents reviennent, ils apportent, accumulées
dans leur jabot, des boulettes de nourriture de plusieurs dizaines, voire centaines de proies agglutinées.
A cause de cette étroite dépendance alimentaire aux conditions
atmosphériques et d'une fécondité qui se limite à deux ou trois
oisillons par couvées, les effectifs de cette espèce
sont constamment vulnérables. La longévité des individus qui dépasse
couramment l'âge de 6 à 10 ans, voire certains bien plus, est de nature
à corriger ces handicaps auxquels s'ajoute à présent la difficulté de
trouver dans les bâtiments modernes, des cavités pour nidifier et
s'abriter.
Au demeurant, l'observation de ces oiseaux hors pair- en l'air -
est un sujet de stupéfaction renouvelé. Avis aux vacanciers de juillet
frustrés de spectacles et à tous les blasés en général».
Texte de Gilbert Blaising
pour le site www.oiseaux.net

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