PAGES CHOISIES

samedi 24 mai 2008

-CONTRE NATURE ? (arch)

Voici une observation qui m'a étonné, mais si vous êtes un familier des oiseaux peut-être avez-vous observé ce comportement vraiment étrange.
Hier soir pendant notre repas, notre fenêtre donne sur des lignes électriques, décoration de la rue, gracieusement mise en place par EDF, France Télécom et autres;
Un PIGEON RAMIER  Columba palumbus se pose sur le fil et commence sa toilette... arrive, et c'est là que cela devient surprenant, arrive donc une TOURTERELLE TURQUE   Streptopelia decaocto, un mâle, qui sitôt posé,  commence sa cours au ramier en adoptant le chant et les courbettes caractéristiques de son espèce. Je me suis frotté les yeux en me disant que je devais rêver, et bien non.

Que penser de ces  relations entre des espèces voisines mais, différentes ? Avez-vous connaissance de cas semblables ?

À bientôt sur photonaturefontainebleau les amis.

mercredi 25 avril 2007

-La re-création de la nature

Extraits du livre de Jean-Claude Génot Écologiquement correct ou protection contre nature.
Éditions ÉDISUD.
« C'est devenu maintenant un rituel: tout colloque scientifique ou technique est ouvert par un discours plus ou moins sincère et pertinent d'un élu politique plutôt haut placé dans la hiérarchie locale. Le colloque" Re-créer la nature" n'a pas échappé à la règle et l'élu présent a cru bien faire en citant comme magnifique exemple de re-création de la nature le cas de la forêt landaise, immense plantation artificielle de pins maritimes, qui a pris la place d'une mosaïque de landes (le nom du département est là pour le rappeler) et de de marécages que les aménageurs du second Empire jugeaient "insalubres" et que certains qualifiaient de "désert landais". Certes, ces boisements ont certainement apporté leur lot d'espèces inféodées à ces champs d'arbres. Mais il s'agit en fait de la création, à grands renforts de drainages, d'une culture, en lieu et place d'un milieu semi-naturel plus riche parce que plus diversifié, que beaucoup de profanes sont prêts à prendre pour de la forêt.»

samedi 31 mars 2007

-Écologiquement correct n°3

Tiré de : Écologiquement correct ou Protection contre nature  suite.
NE DITES PAS NATURE, MAIS ENVIRONNEMENT
Nature: Ce sont les petites fleurs et les jolis oiseaux qui ne font vraiment pas sérieux à coté d'internet, du CAC 40 et du téléphone portable. Un état de sauvagerie qu'il convient de supprimer pour raison de civilisation, à l'exception des documentaires, des cd-rom et de quelques parcs. Un mythe dangereux qui remet en cause le rôle sacré de l'homme. Dans le même ordre d'idée, la naturalité est un concept lié à une nature libre qui s'autogénère et peut très bien se passer de l'homme, donc inacceptable.
Environnement: Mot suffisamment vague et passe-partout pour être consensuel dans tous les contextes. Mot joker qu'il est bon d'avoir en réserve à la fin d'un discours. Tout est compris dans l'environnement et réciproquement. Généralement, l'environnement est centré sur l'homme c'est ce qui l'entoure il n'existe que par et pour l'homme et n'a pas d'existence propre. Voilà un bon mot, bien civilisé et bien dompté, qui ne fait pas de l'homme l'élément d'un tout comme  c'est le cas pour la nature. D'ailleurs, il a fallu inventer la nature humaine pour se distinguer de l'autre : la mère dévoreuse, la grande mécanique universelle dont nous faisons partie.

À suivre...

lundi 19 mars 2007

-Écologiquement correct n°2

J'ai choisi ces extraits, du livre de Jean Claude GÉNOT éditions ÉDISUD.
Écologiquement correct ou Protection contre nature ?
A l'époque où les slogans publicitaires peuvent aider à tout vendre de la lessive au politiciens les mots continuent d'avoir du poids, malgré la force des images. Les mots, dont Aldous Huxley disait qu'ils pouvaient être plus redoutables que les rayons X, gardent toujours du sens et leur emploi n'est jamais neutre. Ce siècle troublé aura réussi, en appelant l'extermination des juifs la solution finale, les misérables des sans domicile fixe ou la possibilité de jeter quelqu'un à la rue la flexibilité, à rendre plus présentable l'inacceptable grâce à des mots pensés, réfléchis et choisis dans un but précis. À l'heure actuelle où la langue de bois devient le politiquement correct, il semble intéressant de se pencher sur le domaine de l'écologie pour voir finalement qu'il n'échappe pas à la règle de notre société dominée plus que jamais par les "fils de pub". Voyons donc où se cache les termes de l'écologiquement correct et tentons d'en analyser le sens caché.
à suivre...

mercredi 14 mars 2007

-Écologiquement correct n°1

J'ai tiré ces textes d'un ouvrage fort intéressant de Jean Claude GÉNOT paru aux éditions  ÉDISUD.

Écologiquement correct ou Protection contre Nature.

Concernant les aménagements après travaux ou destruction de milieux naturels.
«Généralement , quand des aménageurs tentent de recréer la nature, c'est avec les mêmes outils que ceux avec lesquels ils l'ont détruite.
  Pas de nature spontanée ou d'intervention soft, il faut des travaux de génie civil : faire et défaire... Leurs belles plaquettes promotionnelles sont révélatrices de la vision de la nature à recréer: "reconstitution végétale maîtrisée"  "entretenir, contrôler", tout cela pour aboutir à un classique plan d'eau dans un bassin d'effondrement minier, agrémenté de cultures de trèfle et de luzerne, de plantations de résineux et d'aménagements touristiques.»

jeudi 08 mars 2007

Le Loriot

Je lui dis :
  -Rends-moi cette cerise?  tout de suite.
  -Bien, me répond le loriot.
Il rend la cerise et, avec la cerise, les trois cent mille larves d'insectes nuisibles, qu'il avale dans une année.
Jules Renard "Histoires Naturelles"

lundi 26 février 2007

Le pinson

Jules Renard. "Histoires Naturelles". Au bout du toit de la grange, un pinson chante.
Il répète, par intervalles égaux, sa note héréditaire.
A force de le regarder, l'œil trouble ne le distingue plus de la grange massive. Toute la vie de ces pierres, de ce foin, de ces poutres et de ces tuiles s'échappe par un bec d'oiseau.
Ou plutôt la grange elle-même siffle un petit air.

dimanche 18 février 2007

La pie

Il lui reste toujours, du dernier hiver, un peu de neige.
     Elle sautille à pieds joints par terre, puis, de son vol droit et mécanique, elle se dirige vers un arbre.
     Quelques fois elle le manque et ne peut s'arrêter que sur l'arbre voisin.
     Commune, si dédaignée qu'elle semble immortelle; en habit dès le matin pour bavarder jusqu'au soir, insuportable avec sa queue-de-pie, c'est notre oiseau le plus français.
     Jules Renard   Histoires Naturelles

mardi 13 février 2007

La cage sans oiseaux

Félix ne comprend pas qu'ont tienne des oiseaux prisonniers dans une cage.
-De même, dit-il, que c'est un crime de cueillir une fleur, et, personnellement, je ne veux la respirer que sur sa tige, de même les oiseaux sont faits pour voler.
Cependant il achète une cage; il l'accroche à sa fenêtre, y dépose un nid d'ouate, une soucoupe de graines, une tasse d'eau pure et renouvelable. Il y suspend une balançoire et une petite glace.
Et comme on l'interroge avec surprise :
-Je me félicite de ma générosité, dit-il, chaque fois que je regarde cette cage. Je pourrais y mettre un oiseau et je la laisse vide. Si je voulais, telle grive brune, tel bouvreuil pimpant, qui sautille, ou tel autre de nos petits oiseaux variés serait esclave. Mais grâce à moi, l'un d'eux au moins reste libre. C'est oujours ça.
Jules Renard. "Histoire Naturelle".

vendredi 09 février 2007

Les coquelicots

Ils éclatent dans le blé, comme une armée de petits soldats : mais d'un bien plus beau rouge, ils sont inoffensifs.
Leur épée, c'est un épi.
C'est le vent qui les fait courir, et chaque coquelicot s'attarde, quand il veut, au bord du sillon, avec le bleuet, sa payse.
Jules Renard "HISTOIRES Naturelles".

dimanche 04 février 2007

Le cerf

J'entrai au bois par un bout de l'allée, comme il arrivait par l'autre bout.
Je crus d'abord qu'une personne étrangère s'avançait avec une plante sur la tête.
Puisje distingai le petit arbre nain, aux branches écartées et sans feuilles.
Je lui dis :
-Approche. Ne crains rien. Si j'ai un fusil, c'est par contenance, pour imiter les hommes qui se prennent au sérieux. Je ne m'en sers jamais et je laisse ses cartouches dans leur tiroir.
Le cerf écoutait et flairait mes paroles. Dès que je me tus, il n'hésita point : ses jambes remuèrent comme des tiges qu'un souffle d'air croise et décroise; Il s'enfuit.
-Quel dommage! lui criai-je. Je révais déjà que nous faisions route ensemble. Moi, je t'offrais, de ma main, les herbes que tu aimes, et toi d'un pas de promenade, tu portais mon fusil couché sur ta ramure.
Jules Renard.  "Histoires Naturelles".

vendredi 02 février 2007

Jean-Jacques Rousseau

< je conçois dans l'espèce humaine deux sortes d'inégalités; l'une que j'appellerais naturelle ou physique [...] l'autre qu'on peut appeler inégalité morale, ou politique, parce qu'elle dépend d'une sorte de convention, et qu'elle est établie, ou du moins autorisée, par le consentement des hommes. Celle-ci consiste dans les différents priviléges, dont quelques-uns jouissent, au préjudice des autres, comme d'êtres plus riches, plus honorés, plus puissants qu'eux, ou même de s'en faire obéir.>> (discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes)

vendredi 19 janvier 2007

Élégie des marais

extrait de Almanach d'un comté des sables, Aldo Léopold éditions Aubier.

La sensation du temps pèse très lourd sur un lieu comme celui-ci. Chaque année depuis l'ère glaciaire, ce marais est réveillé au printemps par la clameur des grues. Les couches de tourbe qui le constituent sont déposées dans le bassin d'un ancien lac. Les grues se tiennent, en quelque sorte, sur les pages détrempées de leur propre histoire. Ces tourbes sont le reste compressés des mousses qui encombraient les étangs, des mélèzes qui s'étendaient par-dessus la mousse, des grues qui claironnaient par-dessus les mélèzes depuis le retrait des glaciers. Une caravane interminable de générations a construit de ses propres ossements ce pont vers le futur, cet habitat où de nouveaux hôtes pourront à nouveau vivre et procréer et mourir.
A quelle fin ? Là-bas dans le marais, une grue finit d'avaler quelque grenouille malchanceuse et prend son élan; sa lourde carcasse s'élève, battant le soleil matinal de ses ailes puissantes. Apparemment elle sait.

samedi 13 janvier 2007

Pins sur la neige

Extrait de ALMANACH D'UN COMTE DES SABLE D'ALDO LEOPOLD éditions AUBIER
   Pins sur la neige
   Les actes de création sont ordinairement réservés aux dieux et aux poètes, mais les gens normaux peuvent contourner leur handicap.
   Pour planter un pin, par exemple, il n'est pas nécessaire d'être ni un dieu ni un poète, seulement de posséder une bêche. En vertu de cette curieuse lacune dans les règlements, n'importe quelle ganache peut dire: que cet arbre soit- et voilà qu'il a un arbre.
   S'il a les reins solides et une bêche tranchante, au bout d'un moment il y en aura peut-être dix mille. Et la septième année, il pourra s'appuyer sur sa bêche et contempler ses arbres, et les trouver bons.
Dieu de son côté, a passé le relais dès le septième jour, mais je remarque que, depuis, il ne s'est guère exprimé quant aux mérites de son ouvrage. J'en conclus qu'il s'est peut-être prononcé trop tôt, ou alors que les arbres supportent mieux la contemplation que les feuilles de vigne et les firmaments.

A bientôt et bonne année a toutes et à tous. Jeanpoule

mardi 09 janvier 2007

L'horizon

Extrait tiré de: Almanach d'un comté des sables Aldo Léopold éditions Aubier
Il me parait inconcevable qu'une relation éthique à la terre puisse exister sans mour, sans respect, sans admiration pour elle, et sans une grande considération pour sa valeur, j'entends  bien sûr quelque chose qui dépasse de loin la valeur économique; je l'entends au sens philosophique.
L'obstacle le plus sérieux à l'évolution d'une éthique de la terre tient peut-être au fait que notre système éducatif et économique s'éloigne plus qu'il ne s'approche d'une conscience intense de la terre. L'homme moderne typique est séparé de la terre par de nombreux intermédiaires et par d'innombrables gadgets. Il n'a pas de relation vitale à la terre. Pour lui, elle est l'espace entre les villes où poussent des récoltes. Lâchez-le une journée dans la nature si l'endroit n'est pas un terrain de golf ou un "site pittoresque", il s'ennuiera mortellement. Si l'on pouvait remplacer les fermes par la culture hydroponique, il trouverait cela très bien. Les substituts synthétiques du bois, du cuir, de la laine et d'autres produits naturels de la terre lui conviennent mieux que la chose même. En bref, la terre, c'est quelque chose qu'il a dépassé depuis longtemps.
Autre obstacle presque aussi sérieux à une éthique de la terre: l'attitude du fermier pour lequel il est encore un adversaire, ou un tyran qui le maintient en esclavage. Théoriquement la mécanisation de l'agriculture devrait briser ses chaînes, mais est-ce vraiment le cas? On peut en discuter.
Ces lignes sont extraites de: Almanach d'un comté des sable et ont été écrites en 1952!

hydroponique: cultures hors sol ,un fluide nourissier circule dans un support quelconque, billes argile etc...

jeudi 07 décembre 2006

Almanach d'un comté des sables

Extrait de : Almanach d'un comté des sables Aldo Léopold Editions Aubier

Décembre
Territoires domestiques
Les individus qui vivent sur ma ferme à l'état sauvage rechignent à me dire clairement quelle portion de mon territoire est comprise dans le périmètre de leurs battues quotidiennes, nocturnes ou diurnes. J'aimerais le savoir, car cela me permettrait de comparer la grandeur de nos univers respectifs, et de répondre à cette question beaucoup plus importante: qui est le mieux renseigné sur l'univers dans lequel il vit?
Mes animaux, ressemblant en cela aux humains, révèlent souvent par leurs actes ce qu'ils refusent de dire avec des mots.Quand et comment semblable révélation a lieu, voila qui n'est pas facile à prévoir.
C'était un extrait de Almanach d'un Comté des sables.
A bientôt.

lundi 20 novembre 2006

Pages choisies

     << Il y a des gens qui peuvent se passer des êtres sauvages et d'autres qui ne le peuvent pas. Ces essais sont les délices et les dilemmes de quelqu'un qui ne le peut pas.
     Tout comme le vent et les couchers de soleil, les êtres sauvages faisaient partie du décor jusqu'à ce que le progrès se mette à les supprimer. Nous sommes maintenant confrontés à la question de savoir si un <niveau de vie> encore plus élevé justifie son prix en êtres sauvages, naturels et libres. Pour nous, minorité, la possibilité de voir des oies est plus importante que la télévision, et la possibilité de trouver une pasque est un droit aussi inaliénable que la liberté d'expression.>>

Extrait de  La préface du livre écrit par ALDO LEOPOLD
ALMANACH D'UN COMTE DES SABLES  éditions  AUBIER